Cl@ire, auteur, journaliste et metteur en scène a fait des études d’Architecture aux Beaux arts UPA7, au Conservatoire national du cirque et du mime, à la Sorbonne nouvelle, à l’institut de céramique française et à l’école Duperré.
Foraine dans les fêtes votives du Lot, circassienne en France et en Italie,
( cirque des femmes: les Trafalmadors)
Elle a travaillé dans l’édition ( J'ai lu), et monté une compagnie de théâtre :« WaïtoukeY2K », adaptant ses textes à la scène dans des espaces intermédiaires.
Comme toi m'aime : Pièce pour deux personnages représentée sous le tunnel de la flèche d'or à Paris 20 ème.
Etre noire: Paris, Avignon, tournée Guadeloupe Martinique, Togo.
Cl@ire, author,journalist, director , studied architecture at the UPA7 Fine Arts School, the National Conservatory of Circus and Mime,
the Sorbonne Nouvelle, the French Ceramics Institute, and the Duperré School.
A fairground worker at the Lot votive festivals, a circus performer in France and Italy (the Trafalmadors women's circus)
She worked in a publishing house and founded a theater company, "WaïtoukeY2K," adapting her texts for the stage in intermediary spaces.
Comme toi m'aime: A play for two characters performed under the Golden Arrow tunnel in Paris's 20th arrondissement.
Being Black: Paris, Avignon, Guadeloupe, Martinique, and Togo tour
De 2007 à 2011 en Inde
Organisation d'un concert réunissant à Neelassandra dans le plus grand bidonville de Bangalore, 1300 personnes de toutes origines et classes sociales.l'approche des administrations étrangères, voirie, police, travail avec des populations défavorisées, faisant se connecter Alliance francaise, Bangalore school of musique, Canadian international school, Goeuthe Institute
A L’Alliance Française de Bangalore, création d'un Wish, performance à partir d''interviews sur le désir, un travail sur la voix, l'espace, la diversité, la simultanéité.
Eat like the french: Adaptation pour le théâtre en Anglais de« Physiologie du gout » de Brillât Savarin, piece de théâtre suivie d'un repas francais. Jouée au théâtre Ranga Shankara et dans les grands hotels .
https://eat-like-the-french.jimdosite.com/
Cheffe à Bangalore (French Quarter bistrot) et New Delhi,(Cheri restaurant) formation des cuisiniers Indiens à la gastronomie française, et création d'une entreprise de confitures, recherches culinaires sur les légumes et les fruits oubliés.
Rentrée en France, elle a restauré sa maison de ses mains, et publié un roman sentimental et exotique
commandé par les éditions "J’ai lu." Partie écrire et photographier la jungle de Calais, la Zad de notre dame des landes et Nuit debout, elle pratique le nomadisme digital, collabore avec une
radio locale avec des chroniques bimensuelles.. Entre 2018 et 2025 Claire collabore à différents journaux culturels sur le net: Le Bruit du Off tribune, Le Bruit de Bruxelles, Inferno magazine en
tant que chroniqueuse culture, ( danse et opéra).
Clairesukhicuisine, salle d’exposition est un support pour les projets de Claire.
La structure y a organisé 3 expositions de photographies, une sur la Jungle de Calais et nuit debout.
La deuxième nommée; réalité augmentée.
La troisième sur l’occupation des théâtres en France en mars avril 2021.
From 2007 to 2011 in India
Organization of a concert bringing together 1,300 people of all backgrounds and social classes in Neelassandra, the largest slum in Bangalore.
The approach of foreign administrations, road maintenance, police, and work with disadvantaged populations, connecting the Alliance Française, the Bangalore School of Music, the Canadian International School, and the Goeuthe Institute.
At the Alliance Française in Bangalore, creation of a Wish, a performance based on interviews on desire, a work on voice, space, diversity, and simultaneity.
Eat like the French: Adaptation for the English theater of "Physiology of Taste" by Brillât Savarin, a play followed by a French meal. Performed at the Ranga Shankara Theater and in major hotels
https://eat-like-the-french.jimdosite.com/
A chef in Bangalore (French Quarter bistro) and New Delhi (Cheri restaurant), she trained Indian chefs in French gastronomy and created a jam company, conducting culinary research on forgotten fruits and vegetables.
Returning to France, she restored her house by hand and published a sentimental and exotic novel commissioned by J’ai lu. She left to write and photograph the Calais jungle, the Zad of Notre Dame des Landes, and Nuit Debout. She practices digital nomadism and collaborates with a local radio station with bi-monthly . Between 2018 and 2025, Claire was publishing chroniks on différents News papers on the net: le Bruit du off tribune, le Bruit de Bruxelles, inferno magazine.
Clairesukhicuisine, an exhibition space, is a platform for Claire's projects.
The organization has organized three photography exhibitions there:
“Calais jungle and nuit debout” "Augmented Reality" and "No Culture, No Future."
Ce qui compte ce sont les rythmes, la voix perchée et légère, les sons rauques et mats, l’extrême simplicité et frugalité des chants, la collusion entre les époques : ici le chant rural est traité comme de la musique contemporaine. Les danses de sioux en sabots, les récits aux accents légèrement chantants, les airs et les voix qui pépient, ressuscitent le monde paysan avec les sons simple d’une nature qui renait et foisonne.
Les cris, les grincements, les roucoulements, les frappés des pieds sur le sol, sont convoqués, il y a des sorcières dans l’air, des chansons qui racontent la fabrication des potions magiques, des êtres mi femmes mi oiseau, la contrebasse elle même accessoire est triturée comme instrument pour en tirer des sons, de la même manière qu’après avoir tué le cochon, on tire parti de son cadavre sur la table de la cuisine, dans la confection tranquille du boudin, du pâté de tête, et des andouilles. La musique est aussi une nourriture.
Il y a la une reconstitution d’un monde rural imaginé presque sublimé et passé à la moulinette avec beaucoup de sobriété, ou la crécelle , et le sifflement aigu des voix nous parviennent par le truchement du talkie walkie, alors que nous respirons l’odeurs des fleurs séchées répandues et écrasées sur le sol dans un ultime combat. Fin de l’histoire.
Ce que je retiendrai de la cop26 c'est cette image du ministre des affaires étrangères des iles Tuvalu, atoll polynésien situé a 850 km au nord des iles Fidji .
Cet homme dans l'eau jusqu'à mi cuisse, tout habillé, lisait un discours, sur les pages mouillées de son chevalet partiellement immergé. Ce discours était un appel désespéré et poignant, adressé autant aux chefs d'états réunis à Glasgow, qu'à la mer elle même.
Dans un autre rapport à la mer, aux cieux , les navigateurs lorsqu'ils franchissent l’équateur, vident une bonne bouteille, leur meilleure bouteille, dans l'océan, offrande pragmatique pour garantir une arrivée a bon port.
La mer est ici reconnue comme divinité protectrice aimant les suppliques et le bon vin, et les peuples de la mer qu'ils soient d'ici ou de l'autre coté du globe ont une relation particulière avec elle, lié à la reconnaissance de ce qu'ils lui doivent, et à la perception sensible d'appartenir a un même univers qui forme un tout. Ne faire qu'un avec les éléments, la nature les animaux les plantes. De même dans le respect profond qu'ils ont pour la terre qui les nourrit, les peuples premiers du monde entier, qu'ils soient africain ou indiens d'Asie ou d'Amérique ont ce même réflexe de reconnaissance, de ce qui existe, même si ils ne le voient pas.
Et nous ? les peuples dits modernes, developpés, ceux du G7.
Nous avons la religion qui est censée nous relier, mais est elle proche de la nature, et nous relie t'elle vraiment ? Pour le moment il semblerait bien qu'elle divise, les peuples, comme les hommes et les femmes.
Autrefois en Bretagne, il y avait les druides qui faisaient la pluie et le beau temps, maintenant ce sont les essais climatologiques des Russes qui prennent le pas.
Peut on dire que l'on va vers un monde ou la science remplace la religion ?
Le climat est une chose délicate justement perceptible par la science qui en rassemble les données, on peut savoir grâce aux carottes glaciaires récoltées au Groenland les variations climatiques, les refroidissements subits, les réchauffements rapide, on a même inventé la notion de surprise climatique, on peut tout savoir des mécaniques complexes des températures, des rythmes de précipitations , des vents, des courants, de l'élévation du niveau de la mer, tout ca sur le temps long .
On peut calculer les points de bascule, les effets de seuils, et leur franchissement, tous ces verrous qui nous préviennent que quelque chose ne va pas qu'il faut changer de façon de vivre.
Les gaz à effet de serre, et le trou de la couche d'ozone, le permafrost qui fond et la foret Amazonienne qui brule et maintenant la foret Sibérienne puis la foret Californienne et enfin la foret Australienne et le plancton qui meurt ? Sans parler de l'Antarctique qui fond et de l'Amok qui pourrait s'effondrer éloignant le chaleureux Golf stream de nos côtes bretonnes, et dans la campagne les insectes et les oiseaux qui disparaissent. Ca fait combien de temps qu'on en entends parler ? Combien de temps que les scientifiques, ces nouveaux prêtres, hurlent dans le désert ? Combien de temps qu'on sait qu'il y a une masse de plastique dérivant dans les océans équivalente à la surface de la France.
Mais non l'homme moderne est sourd, plein de bonne volonté mais sourd, il continue à produire toujours plus, et consommer plus sans savoir quoi faire de ses déchets, et de cette suractivité qui s'accroit et met la terre en surchauffe.
Il faudrait quand même se poser la question sérieusement de ce qu'est vraiment le progrès ? Est ce continuer sur cette lancée de surconsommation, de surpopulation pour aller squatter de plus en plus loin dans l'univers d'autres lieux habitables pour nous tous, en laissant sur notre passage sur terre et dans l'espace toujours de plus de déchets ?
Le progrès est il de nous faire vivre dans une vieillesse illimitee et robotiquement assistée ?De nous faire percevoir par capteur interposé, vivre dans un espace totalement sensoriellement virtuel, le notre, chacun dans le sien ? Dans une meta réalité ? Avoir de moins en moins d'interactions avec la matiere, la peau, la terre , les gens?
C'est ça le progres ? Une realité falsifiée et jettable ?
Il doit bien y avoir d'autre directions, d'autres sciences qui nous évitent ce terrain d'un futur de science fiction finalement dépassée, dans la continuité d’un imaginaire vintage, issu des années 50 ?
A regarder les scientifiques et la façon dont ils mesurent tous les éléments du climat pour le comprendre, comme le ferait un médecin pour le corps humain on voit bien que l'homme, la femme, autant que le climat est un équilibre, une harmonie sophistiquée entre divers éléments, on voit bien en observant les animaux et les plantes qu'elles ont une mécanique interne comme nous, qui est reliée a ce qui les entoure, et qui en dépends.
Que nous sommes tous interdépendants.
C'est la que la science touche au religieux, et aux hommes premiers.
Alors dans ce geste du navigateur superstitieux jetant son meilleur Bourgogne à la mer et dans ce discours adressé aux flots et aux chefs d'état de la coop 26, je vois la prise en compte de l'intangible,
une prise en compte concrète, et simple. Et c'est ce que les chefs d'état devraient considerer à présent, histoire de se grouiller un peu et de baisser d'un cran leur certitude d'être les plus fort, et de comprendre que le monde ne fonctionne pas sur un modele vertical, mais sur une foultitude d'interactions qui entraine obligatoirement la solidarité, la cooperation, la generosité, et la paix.
Pour finir, ces quelques phrases de Mato Kowapi chef sioux dont le nom signifie « poursuivi par les ours, » en direction des généraux américains du début du 20eme siecle, et toujours criant d’actualité :
» Avant de parler des choses sacrées, nous nous préparons nous mêmes par des offrandes, l'un de nous remplira son calumet et le tendra a l'autre qui l'allumera et l'offrira au ciel et à la terre, ils fumeront ensemble alors ils seront prêts à parler. »
p
Angelica Liddell, la dernière épouse posthume de Bergman, porte dans la cour du palais des papes son spectacle à bouts de bras.
A Avignon je suis allée voir Angelica Liddell, clown désespérée, tragique, à l’agonie, terrifiée par l’approche de sa propre mort et dont la voix tonitruante jette pelle mêle à la figure de son public toute l’hypocrisie de notre société, tout y passe : les lâchetés envers ceux qu’on aime, les vieux qu’on met dans des éhpads, qui attendent baignant dans l’urine de leurs couches, les morts qu’on oublie , les outrages du quotidien.
« Est ce que je vais mourir?
Toujours toujours »
Elle choisi de conjuguer son show , parce que c’est un show, sous les auspices Bergmaniens. Elle est Bergman, sa femme, son enfant et quelqu’un d’autre a la fois, chez Liddell rien n’est impossible.
Sur la scène immense peinte en rouge du palais des papes : un bidet , des chiottes en faïence et un urinoir.
La musique tape et fait trembler les vieux murs du Palais des papes. Entre, un nain qui reste la les yeux fixés sur le public, immobile un long moment et sort . Le son claque encore plus fort, comme un fouet. puis Angelica surgit et se lave le sexe dans le bidet dos au public. La raie de ses fesses est la première chose qu’on reçoit d’elle.
Puis debout toujours dos au public elle éructe en rythme des mots projetés plus haut sur la façade. Et c’est à ce moment qu’on arrive au fameux passage jubilatoire sur les critiques.
Le numéro vire à la farce. Elle lit publiquement dans un espagnol puissant les phrases qui apparaissent comme obscènes , des fragments de critique donc, et elle donne le nom le ou la coupable qui l’a écrite, précédé du nom du journal . Inversant la vapeur. Faisant ressentir à l’auteur de ces mots un parfum des coups enduré dans un coup de boomerang génial .
Hier le 3 juillet elle avait rajouté quelques phrases en direction du journaliste Capron, pour insister sur le fait qu’il avait porté plainte, et réaffirmer la légitimité de son point de vue.
Ça n’a rien d’humiliant ni d’illogique , elle est comme une maîtresse d’école et elle donne la fessée , elle a tout les pouvoirs puisqu’elle est maitre d’œuvre du monde qu’elle crée, c’est le jeu, il n’y a rien à y redire et ça ne touche pas au réel.
La foule rigole. Et c’est vrai que c’est drôle.
Les critiques auraient dû être flattés de voir ainsi en lettre de feu leurs nom sur les murs du palais, ils ne se sont pas rendus compte que c’est un honneur qu’elle leur a fait.
Le spectacle se poursuit, des acteurs surgissent manipulent une ligne de chaises roulantes et un brancard, la troupe est composée d’une dizaine de personnes âgées et de jeunes femmes, ainsi que de 4 jeunes hommes qui auront la fâcheuse propension a se branler par la fenêtre de la chambre à coucher du pape ou de se déculotter à tout bout de champ notamment pendant la reconstitution de l’oraison funèbre de Bergmann.
Malgré le vent frais une vieille dame se montre nue un très long moment donnant à voir sans fards un corps féminin vieillissant. Et des jeunes filles prennent des poses lascives les jambes écartées face public.
La nudité chez Liddell est toujours au maximum de sa crudité.
De tous ces mouvements de foule, surgissent parfois des images fugaces d’une beauté étrange.
Car le spectacle entier est un rituel forcément.
Là fin se terminera en forme d’apothéose avec une demande en mariage posthume au défunt Bergman.
Angelica changera de robe trois ou quatre fois, tout à tour furieuse, pathétique, fougueuse, hallucinée, indignée, dans un espagnol qui claque comme la musique du début.
Ce qui fait la force de ce spectacle sans aucun dialogues ou presque c’est d’abord la personnalité furieuse d’Angelica, son espagnol puissant, désespéré, tellement ironique aux sonorités inattendues, mais aussi son engagement, sa jubilation, son humour, sa fougue, son courage, sa témérité et sa trouille.
Hombre! ce fut une belle nuit.
Si vous ne saviez pas où dormir la nuit du 5 juillet à Avignon, vous aviez le choix entre la boîte de nuit et la cour d’honneur du palais des papes pour aller danser et réaffirmer votre soutien aux forces progressistes qui sont menacées par un fachisme rampant de retour.
Non ce n’etait pas une fête pour happy few, mais un grand rassemblement populaire et solidaire pour se tenir au chaud quand le vent glace de la régression souffle dans votre dos. Donc tous purent rentrer ceux qui avaient des billets et ceux qui n’en avaient pas.
Mais l’essentiel n’était pas de rentrer mais de rester ensemble tout au bout de cette nuit de résister au tourbillon qui souffle dans toute la cour transformant la salle en glacières et les spectateurs en auditeurs emmitouflés , avec bonnets écharpes et couvertures. Après le discours des officiels la salle se vida petit à petit les gens étaient remplacés par d’autres qui rentraient . Au bout de la nuit quand le ciel commença à pâlir il restait 40.pour cent de la salle, 40 pour cent qui avaient résisté au froid et au vent en chantant applaudissant et criant. 40 pour cent à boire les paroles des actrices de la comédie Française lisant un texte d’un collectif inconnu du grand public, datant de 2016, racontant comment hors ‘une société dont ils n’attendent plus rien, il tentent de bâtir un monde nouveau dans les ZAD qu’ils créent à Calais , Notre dame des Landes ou ailleurs, 40 pour cent pour cent pour écouter , transis, Camille Étienne, introduisant sur scène la frugalité en finissant son texte sans chaussures et sans micro. 40 pour cent a être émus par Ahmed Madani déclarant comment lui, avait été fâché de découvrir qu’il était racise puisque le mot était rentré au dictionnaire de la langue française en 2018. 40 pour cent pour boire les paroles de Jeanne Balibar avec sa taie d’oreiller sur la tête déclarer que elle aussi elle ferait comme les femmes de la place de mai, elle n’enverrait aucun enfant fut il d’elle ou non, se battre et que elle aussi lutterait contre un fachisme rampant jusqu’à son dernier souffle. 40 pour cent a écouter émus , les équipes techniques et petites mains du festival avec Tiago dans leurs rangs, déclarer se mobiliser corps et âmes pour avoir un rôle actif dans les élections législatives en cours, en plus de leur tâches quotidiennes du festival, et enfin 40 pour cent à être conquis par Tiago, déclarant avec son petit accent portugais pointu, la fierté d’avoir été choisis par l’état français pour diriger un festival international, aux valeurs républicaines, progressistes, féministes, par un état qui les avait accueillis lui et son père opposant portugais et qui avait permis que lui, Tiago se construise .
Lorsque le jour fut enfin là avec beaucoup beaucoup de musiques, et de textes puissant , le vent faiblit et la cour s’éclaircit livrant aux yeux fatigués l’ocre de ses murs.
Ceux qui pouvaient filèrent des coucher. Il ne manquait aux autres qu’un petit déjeuner fédérateur, lorsque la fatigue annule les conventions sociales et que tout le monde, vedettes , techniciens, publics, directeurs se retrouvent à nu deshabillés de leurs oripeaux prêts à la rencontre.
Cette nuit la cour était à tous meme à ceux qui n’étaient pas là comme Camille dont la douce rengaine « extrêmes , extrêmement ment » retenti au début et à la fin de cette nuit unique et lumineuse
Hecube, pas Hecube.
Écriture Euripide Tiago Rodriguez.
Mise en scène: Tiago Rodriguez.
Les belles pierres dorées de la carrière Bourbon qui font la beauté et l’élégance de l’architecture Avignonaise, appellent à la tragédie, ces carrières de calcaire désaffectées sont forcément le lieu idéal pour accueillir un texte d’Euripide vieux de 2500 ans, auquel Tiago Rodriguez aura rajouté sa patte.
En route donc pour aller par une dizaine de cars bourrés à craquer, vers ce bel endroit où les spectateurs déposés la deux heures avant le spectacle, auront tout le loisir de se restaurer à prix corrects, pour assister au spectacle le ventre plein.
On croit naïvement que l’on va participer à une tragédie antique entremêlée d’éléments plus contemporains pour en faire ressentir la profondeur du drame. Mais non ce n’est pas tout à fait ce qui se passe.
La pièce imbrique, compile, additionne de multiples couches comme on fait des lasagnes ou du tiramisu : tragédie, drame comédie, parfois farce, et l’on passe de l’un à l’autre en oubliant de respirer.
Elle est formidablement portée par les acteurs de la comédie française dont le jeu, simple, fluide, agile léger, sensible, font ressentir les moindres nuances du texte, surtout celui de Tiago, qui écrabouille un peu, il faut le dire, celui d’Euripide, qui mort depuis 2450 ans ne peut se défendre.
Le sujet c’est la maltraitance. Toutes les maltraitances, celles des animaux, des enfants , des handicapés , des personnes âgées qui passent avec l’âge et le déclin de leurs fonctions cognitives, de parents à enfants, sous notre protection, à notre bon vouloir.
Comme les enfants autistes qui ne peuvent parler mais dont le corps se souvient. Comme les nourrissons comme les animaux, tous ceux qui n’ont pas ou plus la parole.
Le texte se fait écho de leur douleur, et de la nôtre. D’abord celle des femmes dont le rôle dans la société reste toujours celui de de s’occuper des enfants, des parents âgés, alors qu’elles doivent dans le même temps assumer des taches professionnelles qui les font vivre, des femmes coincées entre trois feux, la culpabilité, l’amour et leur vie personnelle et professionnelle.
Toutes celles la se regroupent sous la bannière de Hecube, cette Hecube qui se dresse, se révolte et demande justice.
La figure emblématique de la chienne à la patte arrachée pleine de cicatrices, qu’elle raconte par étapes tout au long du spectacle, en est le vecteur puissant.
Le cadre superbe de la carrière, l’utilisation du son, couplée avec des éclairages et de quelques projections pour changer d’ambiance, de lieu , de siècle, parfois pleins pots, parfois enveloppant la scène comme une cloche protectrice de lumière, soulignant l’espace, le magnifiant, en en modifiant la taille d’un coup de curseur a rendu possible et crédible les bascules de lieux et d’époques.
Dans les gradins beaucoup de personnes âgées, qui s’étaient déplacés à la carrière Boulbon, et qui avaient même eu du mal à monter les marches jusqu’à leur place.
A quoi cette histoire les a t’elle ramenés, ? À quelle réalité inhumaine contemporaine qui fabrique jour après des infanticides , des matricides , des parricides modernes, les a-t-elle confrontés?
Combien de femmes et d’hommes obligés de confier ceux qu’ils aiment à des institutions déficientes, inadaptées, et cotées en bourse, tout en se persuadant que c’est bon endroit , tant le dilemme est difficile
Une masse de culpabilité et de tristesse a bien dû traverser le public, lorsqu’on y pense un peu, puisque la pertinence de ce spectacle touche si fort à nos drames personnels.
Et l’habileté du texte de Tiago Rodriguez et de ces formidables comédiens du Français, est de nous avoir fait rire presque tout le temps
C’est Elsa Lepoivre , une Hecube, bouleversante de bout en bout qui envoie pour la fin la note la plus merveilleuse d’amour qui soit, enveloppant dans un même discours, les hommes et les bêtes.
Dans une indicible tendresse.
Bravo!
….( ndlc: je pleure)
Avec les interprètes de la Comédie-Française : Éric Génovèse, Denis Podalydès, Elsa Lepoivre, Loïc Corbery, Gaël Kamilindi, Élissa Alloula, Séphora Pondi.
Claire Denieul
Le 11/07/2024.
Angélique Kidjo
C’est au son de la batterie, des congas et de l’orgue, que Angélique Kidjo fait une entrée fracassante sur la scène du chapiteau, dans une jupe plissée jaune d’or et un haut en soie colorée à volants, pour la célébration, à Marciac, de ses 40 années de carrière.
Les éclairages forment comme une grande cage dorée autour d’elle et tout au long du spectacle, au fur et à mesure des changements de lumière, les motifs qui s’imprimeront sur le fond de scène et sur les murs rappelleront les tissus à la cire ou les bazins africains.
Angélique Kidjo chante, danse, virevolte, donc dans un immense écrin de tissus flamboyant et changeant.
Elle démarre sur des chapeaux de roue, sa voix puissante fait concurrence aux instruments, avec au piano, Thierry Vaton, aux percussions, David Donatien, à la Basse Rody Cereyon, qui au moment des chœurs la soutiennent de leurs voix graves. Angélique, reine du métissage fera dialoguer dans un beau duo les congas et la batterie, chantera à pleine voix avec bonheur en plusieurs langues, la salsa, le zouk, et la rumba. Elle apostrophera le public enfrançais, pour le faire participer et lui dire son plaisir d’être là, elle chantera portée par la foule qui fredonne et adorera ça. Apres un discours prônant la paix et l’amour elle fera tanguer le chapiteau, aux accents d’un de ses tubes biens connus « Mama Africa. » Avant que tout le parterre de scène soit submergé par la foule heureuse et aimante : son public.
Lorsque Pierre Durand, tire de sa guitare avec délicatesse les premiers sons orientaux de son concert, on se demande s’il ne serre pas contre son cœur une veena (instrument indien traditionnel à cordes). Mais non, c’est bien sa guitare qu’il tient ainsi amoureusement tellement proche de lui qu’elle en devient une extension de son corps.
Pierre Durant joue des notes suaves et flottantes, avec un rythme mélancolique qui monte doucement.
Pierre Durant joue, la bouche ouverte, il en sort un chant muet en lien avec ce qui passe par ses mains, à tel point qu’on a l’impression que sa musique est devenue organique et sort de sa propre bouche.
Il a l’air aveugle, tout son être est tourné vers le centre de lui-même, et son corps esquisse de temps à autre des pas de danse.
Pierre Durant a le crâne rasé, lorsqu’il joue toute sa tête transpire, alors il s’arrête et il s’essuie de avec un grand chiffon noir, tout en nous racontant la genèse des morceaux qu’il va nous jouer.
Les origines de sa musique ramènent à l’enfance et à l’adolescence, ce qu’il compose est un pont entre lui et ses compositeurs préférés Bowie, Sting, ses chanteuses préférées, Dedee Bridgewater et Nina Simone.
Il reprend, accompagné d’une basse (Jérôme regard), d’une batterie (Marc Michel), et d’un clavier (Fred Escoffier)lqui laisse échapper des notes stridentes à la limite du grincement, avec un thème, qui lui permet de retrouver ses sensations premières. Pierre Durant, grimace, son crâne luit sous les projecteurs, il fait faire des confidences à sa guitare, un son fluide et souple, mesuré, une cadence, fait qu’il remue la tête d’avant en arrière. Alors que le son fuse, il se dresse sur la pointe des pieds, tire presque la langue et se replie, piétine, ricane, et se tord.
Apres un duo avec la basse qui joue dans son dos et à laquelle il répond accroupi, et quelques envolées lyriques plus tard, il s’arrête à nouveau pour nous confier que ses inspirations viennent des cours de musique qu’il donne aux enfants des classes prioritaires à Paris dans le vingtième.
D’où sortira le morceau « Fight ! »
La guitare bourdonne sur un ton monocorde, ce qui est beau, c’est que la mélodie devient accessoire, et en recherche d’harmonie avec la batterie, Pierre Durant danse en même temps qu’il joue, sur un pied.
La découverte du son, la jouissance du son, la mélodie qui vient, qui part, flotte et se brise, et le corps réceptacle et à la fois, véhicule de sa musique. Voilà les aventures sensorielles que nous livre Pierre Durant !
Il y a 50 ans presque démarrait le festival de Marciac, qui maintenant accueille un panel d’artistes internationaux conséquents. C’est tout un village qui se met en quatre, quinze jours par ans pour recevoir le gratin du jazz international et ouvre ses cours, jardins et garages aux musiciens. Marciac de la pointe du jour à l’aube, bruisse de musique, de paix et d’amour
L’autre jour alors que je m’extasiais sur la qualité du son, mon voisin de table à la marmite me suggera d’aller voir « Michel » un des vétérans du festival, portant barbe et béret , afin qu’il me raconte l’histoire de Marciac , sous le chapiteau.
Interview de Michel Rancé president de la ligue de l’enseignement du Gers.
Quelle est la genèse du festival de Marciac ?
Apres les inondations de 1977 qui avaient bouleversé le département du Gers , nous faisions partie d’un foyer de jeunes d’éducation populaire. Et on nous avait demandé depenser à un évènement qui dynamise la région. Certains comme Guy Lafitte, Bill Coleman et un autre faisaient du jazz à Paris et ce sont des éléments qui ont permis de créer un point de départ avec enthousiasme et bonne volonté.
Le projet était intéressant et permettait de mobiliser. Et c’est le maître mot de cette histoire-là : intéresser des gens culturellement à une musique qui n’était pas si évidente que ça, développer une économie, même si au départ ça n’était pas forcement l’idée qui était mise en avant. Il a fallu une alchimie pour que toutes ces choses-là prennent et ça a marché, les aides sont venues assez rapidement.
Monsieur Dalidar nous a prêté une partie de son usine pour nous abriter des orages en plus des arènes. Toutes ces choses-là se sont faites progressivement avec des discussions, tout le monde y a cru et a donné un bout de soi-même. On n’avait jamais vu ça. Nous avons démarré petit, avec trois, quatre artistes. A l’époque personne n’aurait mis un penny dans un développement aussi fulgurant. On avait de l’enthousiasme et de la bonne volonté. Et c’est le maitre mot de cette histoire-là.
Comment vous êtes-vous professionnalisés ?
Nous avons progressivement appris à travailler au contact des professionnels. Nous avons appris les uns des autres. Travailler avec les gens nous a montré comment à avoir de plus en plus de rigueur. On est des amateurs et on fait les choses bien, on essaye de ne pas être trop « vilains », les lois s’imposent à nous et il faut être conforme aux lois pour ne pas avoir de pépins.
Et la qualité du son sous le chapiteau ?
Le son du chapiteau ne s’est pas fait tout seul : On s’est posé des questions, des techniciens nous ont dit : «Pourquoi vous ne mettez pas des panneaux au plafond? ». On les a commandés, on les a installés et ça y est, ça marché. Le matériel a beaucoup évolué, Nous nous sommes procurés petit à petit, les écrans, les caméras, on progresse et maintenant on est bien équipé.
Et comment a suivi le reste de la population ?
Il y a ceux qui voient ça d’un bon œil, ceux qui râlent mais qui sont d’accord, et ceux qui ne veulent pas, ceux qui disent, « non ce n’est pas intéressant » mais n’oublient pas de louer des chambres…
Et la transmission ? Qui va reprendre le flambeau ?
Maintenant qu’on est à un âge canonique, on intègre les gens nouveau dans le conseil d’administration, qui font leurs armes, qui ont des idées nouvelles, Globalement ce n’est pas l’argent pour l’argent qui nous intéresse. Le mode associatif à but non lucratif permet un état d’esprit plus ouvert. Nous sommes pour l’éducation populaire, c’est l’essence même de notre vie associative.
Cinquante personnes au
moins travaillent sous le grand chapiteau qui peut contenir
six mille spectateurs.
D’années en années les conditions de perception du son et de l’image se perfectionnent.
Cette année, le plafond du chapiteau a été agrémenté de milliers de petits panneaux orientant le son.
Eric Millet,
breton de Locronan s’occupe au sein de la société externe Tabaibas prestataire technique pour le chapiteau, de la captation des concerts. Il ne se déplace pas sans
sa crêpière, un bon kilo de farine de Sarrazin et quelques bouteilles de cidre.
« Nous avons neuf
caméras pour filmer tous les concerts, une caméra qui fait les plans large, une autre qui est en fond de
salle en plan serré qui va filmer les musiciens, et le chanteur en gros plan. On a des
caméras sur les côtés et deux caméras zénithales qui filment par le dessus. On doit justement montrer sur ces écrans des détails que les gens ne voient pas. C’est
notre mission sur ce festival. Ensuite le tout est remonté et revendu
à des boites comme Mezzo, France 3 de la région Pyrénées orientales, qui les rediffusent sur les réseaux sociaux.
Je travaille dans la société qui fournit le matériel son, il est préparé dix
jours à l’avance. Quand ça arrive ici tout est déjà testé et on a plus qu’à monter et refaire des essais acoustiques.
Le chapiteau est entièrement modélisé en 3 D sur des logiciels, et on sait quelle puissance va recevoir le spectateur à telle ou telle distance. On fait les orientations des enceintes en amont. Ensuite il n’y a plus qu’à monter, respecter ce modèle et la patte de chaque ingénieur système qui vient rerégler la couleur du son, suivant ce que veulent les groupes, leur ingénieur du son va redonner encore une petite couleur et ensuite la responsabilité finale en incombe à l’ingénieur système et c’est lui qui fait que le son soit audible et pas trop fort, et ça c’est une vrai demande, il faut qu’on puisse discerner tous les instruments. Ici ce n’est pas un public qui veut écouter fort, il y a de la puissance mais ce n’est pas la peine de l’utiliser. Il y a des normes avec le son, maintenant, un micro donne en permanence le niveau sonore à ne pas dépasser et là on peut avoir une amende.
On a pas le même rapport au son, à la lumière et à la couleur.
Je parle beaucoup avec le créateur
lumière pour la captation, on essaye de reprendre les émotions qu’on peut avoir en direct.
Ce qui est très émouvant aussi dans ce métier et dans
l’esprit de Marciac c’est qu’il y a une très très belle relève avec tous les jeunes qui travaillent avec nous.
On reste après le spectacle, on discute, c’est
difficile d’aller se coucher après des choses aussi
fortes.
Les artistes qui viennent se produire à Marciac sont accueillis comme à la maison c’est une chose qui se sait dans le milieu des tournées internationales. Depuis 4 ans, Jeff Robinet, chef dynamique à la crinière poivre et sel, dirige la cuisine back stage et met à la disposition des artistes toute une palette deproduits locaux, dans un lieu très bien équipé qui permet toutes les expérimentations culinaires.
Pourquoi y va-t-il une cuisine spéciale pour les artistes ?
Jeff : AAAH ! Je ne sais pas s’il y a une cuisine spéciale pour les artistes mais j’ai une volonté de faire une bonne cuisine qui mette en avant les produits locaux pour mettre le Gers à l’honneur !
C’est vraiment de la fine cuisine ?
Jeff : C’est une cuisine familiale, je suis un professionnel de la cuisine, je tiens à ce que les produits soient bons, bien cuits, et biens assaisonnées. Nous avons un rider, un cahier ou sont consignés toutes les demandes des artistes. Ils sont contents d’avoir de la variété et des produits frais. Leur satisfaction ici,montre qu’ils ne sont pas forcément contents ailleurs.
Mais que leur faites-vous à
manger ?
Jeff : Je fais des choses variées et très basiques, je n’invente rien d’extraordinaire, des fruits, des légumes frais, couper des tomates, des melons, mettre de la charcuterie pour boiser une salade, un légume vert, le tout achetés chez un producteur bio de la région. C’est une variété d’aliments qui parcourt l’ensemble de ce dont le corps humain demande pour fonctionner. En général les managers viennent, avant on fait le point, si quelqu’un veut vraiment une denrée particulière que nous n’avons pas, d’un coup de vélo nous lui procurons. C’est très simple. Hier soir on avait de la truite des Pyrénées rosé à cœur avec une sauce vierge, du magret grillé, des pommes de terre à la sarladaise et un confit de légumes de saison.
Tous les soirs nous proposons une petite tranche de foie de canard fait maison en plus d’un bon choix de desserts. On est complimenté par les artistes qui viennent en cuisine nous remercier d’avoir si bien mangé.
A Marciac les artistes ne sont plus exigeants, ils savent qu’ils peuvent avoir, ici, tout ce dont ils ont besoin, tout ce qu’ils désirent. Hiromi par exemple est arrivée ici il y a deux jours en demandant ma glace maison, verveine menthe qu’elle avait goutée il y a deux ans.
Une des choses qui fait que je reviens à Marciac tous les ans c’est le contact avec les bénévoles, je ne les choisis pas en fonction de leurs compétences. Je leur donne la recette, la procédure, les bons outils, et je vérifie que ça ne parte pas dans le mauvais sens, ce qui arrive souvent par ce que la cuisine est un métier, et que je suis là pour les guider. En ce moment j’ai deux frères jumeaux serbes, eux ont un stage de cuisine gratuit et moi je perfectionne mon l’anglais, c’est magique !!
Lettre au directeur du Fresnoy
Monsieur le directeur,
Je m’appelle Claire Denieul et je suis artiste et journaliste.
Je chronique des spectacles de danse et d’opéra pour deux journaux culturels sur le net et je m’intéresse aussi à l’art contemporain.
Il m’arrive parfois de répondre à des appels à projets et de constituer des dossiers pour des demandes de résidence. Dont la dernière en date était un embarquement sur le bateau TARA.
Je trouve toutes pertinentes les propositions de l’agence Jigsaw et c’est la raison pour laquelle, j’ai eu entre les mains le dossier de votre exposition :
Panorama 23 « par le rêve ».
J’ai aussi assisté par zoom à la journée d’étude en ligne, au dialogue entre Frederique Ait Touati et Momoko Seito, ainsi qu’à l’intervention d’Emanuele Coccia.
Que j’ai trouvé très instructives.
Si je vous écris c’est que je suis frappée par la similitude entre mes recherches, les textes que j’écris et que je diffuse et les thèmes traités qui émanent de votre école.
J’ai envoyé, en 2018 et 2019, sans réponse aucune de leur part, à l’Ircam, et à l’université Aix Marseille (departement de musicologie) le texte PONOMAREVES( ci joint) que vous avez bien du lire aussi parce que je l’ai proposé pour la résidence sur le TARA dont il me semble, vous présidiez le jury.
Ce texte proposait un spectacle exposition sur le rêve à partir d’élément recueillit sur l’activité onirique d’un équipage naviguant sur le pole magnétique sud.
D’autre part faisant partie de votre exposition Panorama 23 un film réalisé par Judith Aufray qui réside à 4 km de chez moi en Lozère reprend exactement les termes d’un projet que j’avais envoyé à l’Atelier des Ailleurs en 2017 pour lequel non plus je n’ai eu aucune réponse, et que je joins à cette missive.
Si je ne crois pas au hasard, je suis séduite par l’idée que l’innovation intervient au sein de réseau entre personnes connectées comme dit le chercheur Kevin Kelly, « les idées, ne sont pas des choses en elles mêmes, elle s’apparentent plus à des réseaux , elles voyagent en groupe. » Et je trouve qu’elle mérite réflexion voire d’être le sujet d’une prochaine exposition sur les mécaniques et processus de création.
Je suis séduite aussi par l’idée que les projets s’alimentent les uns les autres, et constate qu’il existe un terreau fertile de donneurs d’idées et que malheureusement réalisent ceux qui ont immédiatement les moyens pour le faire. Evidement je milite pour l’accès à la création pour tous.
Autrefois, j’ai écris une pièce de théâtre entière avec des fragments reliés entre eux des poésie chinoise du 10emesiècle, d’Albert Cohen, Pinter, Almodovar et les textes de malades mentaux consignés à la bibliothèque de
Ste Anne. Je sais qu’on peut créer un tout avec des fragments sans plagier pour autant. Mais point trop n’en faut.
En ce qui ce qui concerne PONOMAREVES, les thèmes et le langage abordes dans PANORAMA, je suis plus dubitative.
Et il est sur que certains éléments de ce qui sous tends cette exposition me sont très très familiers.
Mais ce qui me touche particulièrement c’est de retrouver les traces de mes projets insérés l’un dans l’autre, se distinguant comme un œuf de lump dans le ventre un esturgeon.
Je me dis que là quand même j’ai du toucher quelque chose dans le mille.
J’ai déjà appris à mes dépends que l’université asséchée par le concept est friande des projets de ceux qui s’adressent à elle. Et que d’autre part il est risqué de prêter sa maison à des inconnus.
Un de mes amis que je chéris tendrement m’appelle sa muse, certes, j’en suis ravie, mais la muse a faim et soif et son tour de sa taille est à l’aune des dons des Restaurants du cœur.
D’autre part les muses, tout en étant flattées d’inspirer leur prochain, peuvent aussi avoir des espoirs de réalisation de projets, à défaut qu’il remplisse leur porte monnaie.
Et au moins gagner la satisfaction d’être citées par ceux qui s’en inspirent.
Et puisque je pressens une certaine affinité entre nous sur le plan de la création, si vous le souhaitez, j’ai d’autres projets qui pourraient être l’objet d’études dans votre école, je serai ravie de vous en faire part si je peux être associée a ce travail.
D’autre part, je dispose d’un lieu qui me permet d’organiser des expositions et des rencontres, au bord de la mer, à Concarneau. Je vais organiser un petit colloque sur la place des femmes dans la creation et l’innovation, et la propriété intellectuelle dans l’art contemporain.
Est ce que vous me feriez le plaisir d’intervenir ?
Ce serait juste avant les élections présidentielles entre le premier et le deuxième tour, la date n’est pas encore déterminée. Il est possible que les thématiques varient et se précisent, mais je suis sure que vous auriez beaucoup à nous raconter sur le chemin que font, chez vous les idées quand à la création artistique, de leur conception à leur émergence. Et comment se définit une école d’art dans son rapport à la propriété intellectuelle, je sens que c’est un terrain en friche qu’il serait bon maintenant d’aborder pour la permanenceet l' authenticité de l’apprentissage artistique.
Pour info vous pouvez consulter l’adresse de mon blog en haut de la page.
En attendant votre réponse, recevez, monsieur le directeur l’expression de mes sentiments distingués.
Claire Denieul